Naissance du premier bébé possédant l’ADN de trois géniteurs

Naissance du premier bébé possédant l’ADN de trois géniteurs

02/10/2016

Naissance du premier bébé possédant l’ADN de trois géniteurs

La nouvelle de la naissance d’Ibrahim, un bébé porteur du matériel génétique de trois personnes (ses deux parents et une donneuse) a fait le tour du monde. L’objectif des scientifiques qui l’ont rendue possible était d’éviter la transmission d’une maladie héréditaire grave, le syndrome de Leigh, qui se transmet par voie maternelle. Mais la technique mise en œuvre est encore au stade expérimental, et on ne peut plus controversée, car elle implique de manipuler le matériel génétique de l’embryon. C’est pourquoi elle a été réalisée dans un hôpital du Mexique, où aucune réglementation ne l’interdit explicitement.

Ce problème provient des mutations de l’ADN mitochondrial de la mère, qui sont présentes dans ses ovules. Les maladies que provoquent ces mutations sont peu fréquentes, mais touchent les organes vitaux, et peuvent être mortelles. Pour les éviter, il faut remplacer le matériel génétique endommagé de la mère par du matériel sain et transférer l’information génétique des parents dans l’ovule, dépourvu de son noyau, d’une donneuse. Cela dit, « la partie qu’apporte la donneuse ne représente que 0,1 % du matériel génétique du bébé, les 99,9 % restants provenant de ses parents », explique la Dre Montserrat Boada, chef de la section de biologie du service de médecine de la reproduction de Santé de la femme Dexeus et présidente de l’Association pour l’étude de la biologie de l’assistance médicale à la procréation (ASEBIR).

La Dre Boada assure que « si nous nous proposions d’appliquer cette méthode ici, en Espagne, techniquement nous pourrions le faire sans problèmes, mais il faudrait pour cela l’approbation de la Commission nationale sur l’assistance médicale à la procréation ». Et elle ajoute : « mais nous n’avons aucune demande, peut-être parce que les maladies évitées par cette technique sont rares et peut-être aussi parce qu’en Espagne le don d’ovules, une solution bien plus simple au même problème, est beaucoup plus développé que dans d’autres pays ».

 

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